Les lignes

Publié avril 8, 2013 par ecologiecorporelle
Catégories : écologie corporelle®

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ecriture-ligneBouts de papier recyclés, bic sans capuchon, moitiés de crayons de papier et autres outils d’écriture trouvés au fond du pot à stylos de L’Antre-Autre circulent dans le cercle d’une douzaine de personnes que nous formons. Chacun griffonne, dessine, souligne à même ses genoux, imprégnant le papier de « l’Etat » ressenti, entre deux gorgées de bière ambrée… La consigne : représentez les Lignes ressenties dans votre corps suite à l’exercice de Wutao®… Des pointillés ici, un nuage là, des spirales qui montent le long d’un axe pour plusieurs participants, des sensations de poids, de lourdeur, de masse compacte à gauche, à droite, et puis de temps à autres, des zones absentes : pas de bassin, pas de tête, la conscience corporelle qui s’offre en cadeaux.

Le Wutao ? Debout, le relâcher du bassin et son tendre bercement engendre le déploiement de l’onde dans l’axe Terre-Ciel. Les spirales défroissent les plis du corps, suivent un chemin, comme autant de petites fleurs qui s’épanouissent, s’arrêtent parfois, là où cela ne bouge plus, du moins, pour le moment. On s’enracine jusqu’au bout des orteils, on s’ « encièle » jusqu’au bout des cheveux et on découvre des Lignes jusque dans les doigts.

Les Lignes, voici donc le thème de ce Café de l’Ecologie Corporelle. Les lignes : droites, courbes, axes, lignes de force, lignes de fuite, continues, discontinues, peu ou pas visibles, manifestations de l’intention, comme ces lignes d’écriture, permettant au potentiel du cercle et de la spirale de se révéler. Une ornière dans la ligne : « le mouvement partitionné, la représentation du corps comme une addition de segments formant certes une totalité, mais pas une globalité », comme me le rappelle Arnaud Mattlinger, enseignant-formateur de Wutao. La différence est essentielle pour l’écologie corporelle®.

Symbole de l’intention emmenant le mouvement, endiguement de l’énergie de vie et de chaos, partie du tout donnant la direction, élément yang posant le cadre, nous avons chacun des histoires personnelles (et des passifs !) diverses avec la Ligne. Je propose un petit jeu de déplacements en ce sens. Dans le cadre du cercle formé par les chaises, nous circulons librement. Peu à peu, en accélérant la cadence, nous faisons l’expérience de la fluidité : ce joyeux méli-mélo finit par s’organiser. Agréable« sensation de liberté » pour les uns, mais aussi expérimentation d’un lien de « dépendance au groupe » un peu dérangeant et fatiguant pour les autres. Alors, sur les conseils d’un ami danseur;-) qui m’a aidée à préparer les propositions, nous nous plaçons en lignes et en colonnes ordonnées. Quelques déplacements uniformes unanimes. Puis une personne circule de façon aléatoire jusqu’à reprendre la place dans la « formation » à la place d’une autre. « Contraignant » ou « tellement long » pour les uns, « rassurant » pour les autres…

Et je souhaite finir en vous proposant cette citation, tirée de l’ouvrage philosophique de Luis de Miranda, Une vie nouvelle est-elle possible ? Deleuze et les lignes. « Lorsqu’une âme vient au monde, c’est un corps qui se déplie. Devenir spirituel, c’est déplier son corps. Toutes les âmes forment des lignes en fonction d’amplitudes diverses, d’espaces internes de pliure plus ou moins vastes. »

Par Céline Laly, enseignante de Wutao à Lyon.

Les cafés de l’écologie corporelle ont lieu une fois par mois à L’Antre-Autre à Lyon.

Pour y participer, contacter Céline : celine@unmonderond.com

Pour lire d’autres articles : blog.unmonderond.com

Photo : Michael Lorenzo

Tribales spirales

Publié mars 8, 2013 par ecologiecorporelle
Catégories : écologie corporelle®

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spirale-tribuMercredi 5 mars, 18 aventuriers de la conscience corporelle sont présents au Café de l’Écologie Corporelle®, à L’Antre-Autre à Lyon. L’exploration proposée : la Spirale. Au détour d’un lâcher-prise, d’une ondulation de Wutao® et d’un Souffle sonore, nous avons rencontré le mouvement perpétuel, la danse de la Vie, « le rythme de l’Univers qui s’ouvre et se recueille », comme l’a expliqué Sylvie. Ou le contraire. « Euh, non rien de particulier… » pour Mo.

A l’image de Vajrafly, la « double spirale » qui incarne le changement, membre de la tribu des Elfik Cosmik dans le jeu du Tribal Tarot, le Souffle enivrant nous a portés dans « l’harmonie chaotique » (Delphine L’Huillier – Tribal Tarot). Dans « l’ivresse », ressentie par Stéphane, Barbara, Lucia, Karine, André…

Et on continue avec un chant du souffle en boucle, circulaire, spiralé, à l’unisson, tous ensemble, où l’on vient flirter avec les rythmes tribaux. La tribu… « Soutien », pour Sylvie. Ou le contraire. « Une contrainte. Inacceptable », pour Alain. La peur, l’envie que cela s’arrête : « C’est trop… ». Ou le contraire. La joie, la frustration que cela s’arrête : « J’étais déçue de devoir déjà arrêter ! ».

Des spirales dans les jambes qui tournent jusqu’à l’infini et plus loin encore que le plancher, pour Florence. Ou le contraire. « Bah, j’étais surprise, pour moi, les spirales, j’imaginais quelque chose qui tournent à l’intérieur, mais, là, ça s’arrête au bout des doigts avec cet exercice ! ». Surprise. Tout et son contraire, notre universalité et notre particularité : la richesse de la diversité humaine. Quel enseignement !

Je fais tourner des images de spirales dans notre cercle : colimaçon, tige qui se déploie, galaxie, avancée de spermatozoïdes, cyclone, ADN, escargot, empreinte digitale, eau tourbillonnante, éclosion d’une rose… Instant d’imprégnation dans le groupe. « Le symbolisme de la spirale est opposé au cercle », selon Roland Barthes dans L’obvie et l’obtus. « Le cercle est religieux, théologique. La spirale, comme le cercle déporté à l’infini est dialectique. Sur la spirale, les choses reviennent mais à un autre niveau : il y a retour dans la différence, non ressassement de l’identique. La spirale règle la dialectique de l’Ancien et du Nouveau. »… La spirale, comme symbole de l’évolution perpétuelle, et plus que cela encore : de notre « mémoire du devenir » (Pol Charoy et Inamou Risselard – Génération Tao n°14).

Photo : Martine Franck.

Céline Laly – enseignante de Wutao à Lyon et animatrice des Cafés de l’Écologie Corporelle.
celine@unmonderond.com

D’autres réflexions en mouvement : blog.unmonderond.com.

Le Regard

Publié février 8, 2013 par ecologiecorporelle
Catégories : écologie corporelle®

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yeux-chouetteJe pousse la porte de L’Antre-Autre et sa gaîté familière m’attrape aussitôt par le bras. Le joyeux brouhaha des habitués conquis devenus serveurs d’un soir m’accueille avec toujours autant d’enthousiasme. « Céline ! Il y a déjà deux personnes à l’étage pour ton Café ! », s’exclame Charles. Je retrouve avec plaisir Véronique qui a déjà assisté à des stages de Wutao® à Lyon. Sur le canapé, Mireille, qui anime des ateliers de sophrologie à L’Antre-Autre est en grande discussion avec Mathieu et Florence, qui souhaitent découvrir…

« …le café de l’écologie corporelle ? Ah mais je ne savais pas que tu l’animais aujourd’hui ! » se réjouit Mireille montée à l’étage pour parler sophro avec une amie, Denise. Comme il me semble me retrouver en famille ce soir… !
« Mais c’est quoi l’écologie corporelle® ? », demande Adam qui nous a rejoints. Le temps pour moi de reposer le cadre : il s’agit d’un temps pour soi, de ressenti, d’expression, de partage et d’écoute à partir de différentes propositions pour explorer un thème. Chacun exprime ou pas ce qu’il souhaite à la suite des exercices. Nous écoutons sans conseiller ou controverser. Et on dit « je ».
« Mais que peut apporter l’écologie corporelle au regard ? »,s’étonne-t-il… tandis que Yanis, invité par Véronique, prend place à notre tablée. Et bien c’est parti, laissons-nous aller et voyons-donc !
Nous commençons le Café par ce petit rituel hérité des stages de Wutao aux Arcs : un prénom, une activité imaginaire. Il y a comme assez régulièrement aux Cafés des explorateurs, astronautes et autres jardinières, une prof de philo, un chercheur de vérités, un chef d’état et un expert en Wutao !
Nous commençons debout en cercle, après avoir poussé quelques tabourets pour investir tout l’espace du premier étage qui nous est entièrement réservé ce soir. En bas, on entend toujours autant les entre-chocs orangés des verres qui trinquent et les fourchettes bavardes. Et on fait avec, pour entrer dans les premiers lâcher du bassin qui amènent tel un caillou jeté dans l’eau, l’onde se propageant toujours plus grande jusqu’au sommet du crâne, en ouvrant sur son passage comme autant de petites fleurs prêtes à éclore. Sur ce mouvement de Wutao de « Réveil de l’onde », j’invite les participants à voyager de la position « zyeux » ouverts à « zyeux » fermés en prenant le temps d’écouter où ils sont le plus à l’aise, comment et à quel rythme se font les passages et comment cela évolue. Puis de rester les yeux ouverts et de suivre l’onde du regard pour la tracer, la visualiser, mais aussi se servir du regard comme soutien pour « lisser » l’onde et apporter du lien, ou du moins de la conscience, justement là où plop, le regard vient de faire un saut de puce, voire un saut de kangourou, sur cette partie-bloc du corps, qui bloque.

Le temps de laisser poser… et Véronique exprime avec joie ses découvertes : le plafond et ses jolies peintures qu’elle n’avait pas remarquées et là-bas au fond les couleurs, pleins de couleurs. « Je ne vois plus que des couleurs maintenant ». Comme si le Wutao avait élargi ses perceptions visuelles. Florence a trouvé dans le lissage du regard un soutien pour soulager ses lombaires. Yanis a d’abord eu du mal à fermer les yeux, puis ne voulait plus les rouvrir. Mathieu qui avait découvert le Wutao la semaine précédente à Chambéry auprès de Marine Mille partage sa facilité à rentrer dans le mouvement et son plaisir à se laisser voir dans ce mouvement « alors qu’il y a quelques années, cela m’aurait gêné ». Mireille exprime elle une forme de pudeur à être vue dans ce mouvement « intime », alors que Denise affirme le contraire. Quant à Adam, il lui semble que ses perceptions se sont affinées.
Nous retrouvons nos chaises et fauteuils en osier et prenons un petit temps pour siroter bières ou soupes et engloutir les excellentes tartines au houmous.
Je propose un exercice de Yoga des yeux, trouvé sur internet. Véronique reconnaît là un exercice qu’elle propose régulièrement à ses élèves. Je lui propose alors d’animer ce temps d’étirement oculaire, ce qu’elle accepte pour mon plus grand plaisir ! Nous voilà donc chacun, la tête bien droite à aller de haut en bas, de gauche, à droite, dans les diagonales et à tracer des cercles avec nos yeux. Charles arrive pour nous apporter le reste de notre commande alors que nous avons tous le regard en coin. Comme un climat de méfiance dans ce groupe, non ? Nous en rions.. Et puis on découvre des zones manquantes dans notre champ visuel : pour moi, clairement le coin supérieur gauche, pour Florence les côtés de façon générale. Mais est-ce que nous ne nous mettons pas des barrières pour ne pas voir ? Est-ce qu’on n’est pas éduqué, conditionné pour ne voir que devant ?, interroge Denise et ses questions résonnent dans le groupe. Sourires et acquiescements. Le regard en dit plus long qu’il en a l’air.

Nous prenons le temps de relâcher les yeux avec un « palming », en frottant les deux mains jusqu’à sentir la chaleur, puis en les posant sur les yeux pour diffuser cette chaleur et détendre les yeux. Mireille précise alors qu’en gardant les yeux ouverts sous les mains, l’obscurité repose encore plus les yeux. Tout le monde retourne alors spontanément dans un « palming » yeux ouverts… C’est vrai que ça détend les yeux !
J’enchaîne en proposant un exercice par deux. L’un dessine des formes dans tous les sens à différent rythmes et sur différentes profondeurs et le partenaire suit du regard, en gardant la tête fixe. Les duos se forment très spontanément et de rires en commentaires s’investissent complètement dans ce jeu « très ludique », partage Mireille, ravie. Yanis et Adam ont senti que plus ils se concentraient sur le doigt de leur partenaire, plus l’environnement extérieur leur apparaissait. Florence et Mathieu partagent au contraire ne s’être concentrés que sur le doigt sans même comprendre ce que dessinait le doigt. « ça débranche le cerveau, ça fait du bien ! » Pour ma part, le soutien du doigt de l’Autre m’a permis d’aller plus loin dans les « zones manquantes » de mon regard et de me détendre jusqu’à sentir des frissons dans la nuque… Pour le fun, on continue avec le petit test destiné à identifier son œil directeur en visant un point avec son doigt, on ajuste le regard, puis on ferme un œil, puis le suivant. L’œil qui s’ajuste complètement sur la cible est l’œil directeur. Plusieurs yeux directeurs droits, « mais cela ne s’ajuste pas exactement sur la cible quand même et il y a une différence si je regarde en haut ou en bas. En haut, c’est encore plus éloigné ! », commente Yanis. Adam se découvre un œil directeur gauche à sa grande surprise. « Pourtant, je suis droitier ! »… Ah les « droitiers » ! Pour Mathieu, c’est l’incompréhension « cela ne s’ajuste ni d’un côté, ni de l’autre »… Et oui, cela arrive, comme la possibilité d’être ambidextre.
Sans transition, quelques effets d’optique. Cette jeune femme en noir et blanc par exemple. Il sufit de fixer les trois points de couleur sur le bout de son nez pendant 30 secondes, puis de regarder une surface blanche en clignant des yeux. « Ah ouais ! », s’enthousiasme aussitôt Mireille, suivi d’un « Waooo » tout aussi spontané de Florence pendant que les autres continuent à cligner des yeux en regardant le plafond… « Aaah, oui, oui, on dirait que je la voie en couleur », finit par commenter Mathieu, puis Yanis « Mais ça prend du temps! », alors que Denise n’arrive à rien voir du tout. Je fais passer encore deux illustrations d’effet optique connue pour le Yoga des yeux : l’éléphant à 4/5 pattes et une représentation d’un paysage en même temps visage. Les participants évoquent d’autres test connus : la danseuse qui tourne dans les deux sens… ou pas, les effets de lignes qui créent des volumes ou du mouvement sur du papier on ne peut plus plat.. Illusion, réalité ? Peut-on se fier à la vue ? Que voit-on si ce n’est que ce que l’on souhaite voir ?

Les expressions populaires qui contiennent le mot « regard » ou « yeux » contiennent pour beaucoup un lien avec des émotions. Lesquelles ?

La rencontre : Regards qui se croisent, Au premier regard, Appel du regard.

La séduction, l’amour : Yeux doux, Regard de velours, Caresser quelqu’un du regard. Déshabiller quelqu’un du regard. Dévorer du regard.

La vigilance, la suspicion : Regards en coin, Avoir quelqu’un à l’oeil.

La surveillance : Droit de regard. Au regard de la loi, Je ne. nomme personne, suivez mon regard !

La colère, la menace : Regard noir, Regard froid, Regard d’acier, Fusiller quelqu’un du regard, Oeil pour oeil, dent pour dent, Regarder de travers.

Le mépris : Jeter un regard sur quelque chose, Regarder de haut.

Mon oeil ! En un clin d’oeil, l’oeil torve…

« Maintenant que vous avez une vue d’ensemble sur toute cette palette d’émotions que contient le regard, on peut passer à un exercice de connexion du regard ! » qui m’a été soufflé par mon amie Sandra, formée à la Communication Non Violente. Les duos changent et nous voilà sur deux lignes face à face à chaque bout de la pièce. Les consignes sont d’abord de prendre le temps d’établir la connexion avec l’Autre tout en restant bien à l’écoute de ce qui se passe pour soi : envie de détourner le regard, gêne, angoisse, plaisir, attrait… « Respirez… » La salle se charge. « Ensuite à votre rythme, prenez le temps d’avancer vers votre partenaire et de trouver la juste distance entre vous, en respectant ce que vous souhaitez pour vous, tout en acceptant ce qui est juste pour l’Autre. » Les duos sont arrivés à des distances différentes chacun, certains ont plus avancé, d’autres se sont laissés approcher ou moins, les distances peuvent encore s’ajuster un peu… Et puis on prend un temps de partage en duo. Mathieu a ressenti du plaisir à donner son regard et à attirer les regards à lui. Denise a besoin d’un contact proche et accepte difficilement la distance que l’Autre pourrait souhaiter. Véronique a trouvé le premier contact particulièrement difficile. Pour les autres, le partage semble trop intime. Parce que le Regard touche…

 

J’avais encore plusieurs propositions pour ce café, mais c’est déjà l’heure de conclure !

Voici donc quelques citations sur le regard glânées sur Internet :

"Quand le regard parle, la parole se tait."
Citation d’Henri-Frédéric Amiel ; Grains de mil – 1854.

"Qui ne comprend pas un regard ne comprendra pas mieux une explication."
Citation arabe ; Livre des proverbes arabes.

"La possibilité de vivre commence dans le regard de l’autre."
Citation de Michel Houellebecq ; Les particules élémentaires – 1998.

"Un regard console, un regard tue. Le regard d’un homme vous révèle son âme."
Citation de Jacques Boucher de Perthes ; Petit glossaire – 1835.

"Être vivant, c’est être vu, entrer dans la lumière d’un regard aimant."
Citation de Christian Bobin ; L’inespérée – 1994.

"Le visible ouvre nos regards sur l’invisible."
Citation d’Anaxagore ; Fragments – Ve s. av. J.-C.

Merci aux participants ! Prochain Café le 6 mars 2013 sur le thème des Spirales.

 

Céline Laly – instructrice de Wutao à Lyon
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C’est quoi la souplesse ?

Publié décembre 11, 2012 par ecologiecorporelle
Catégories : écologie corporelle®

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KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERAMercredi 5 décembre 2012 – 19h30, nous commençons le café de l’écologie corporelle® à L’Antre-Autre, bar-cantine toujours aussi coloré. Le café du développement personnel animé par Virginie Vialade vient de se terminer. Il a été question de « croyances et valeurs ». Porteuses, elles peuvent aussi rigidifier nos vies. Et sans s’être consultées pour les thèmes, voilà que nous enchaînons avec le thème de ce café « C’est quoi la souplesse ? ». Des participants du premier café décident de rester. Deux exactement ! Voilà donc un café en petit comité !

Nous commençons avec la petite tradition du café – reprise des présentations des stages de Wutao® aux Arcs l’été. On énonce son (vrai) prénom et une activité imaginaire, rêvée ou spontanément là. Déjà là, on quitte un instant la tête, les apparences, ce qu’on fait et croit faire pour laisser les possibles naître de soi. Voici donc Jérôme, danseur-chorégraphe, Béatrice, organisatrice de voyages solidaires et moi, Céline, animatrice de ce café en l’occurrence, et prof de chinois d’un soir…

Alors c’est quoi la souplesse ? Laissons les mots voler : douceur, présence, tendresse, fluidité, amour teintent la souplesse d’une couleur rosée à laquelle je ne m’attendais pas. La souplesse aurait-elle cette qualité intrinsèque ? Assurément, selon ce que nous croyons mais aussi vivons et expérimentons dans la pratique du Wutao®. Étirements, moelleux, adaptable, malléable… Hummm, ça donne envie d’expirer d’aise. Esprit et corps. C’est lié, c’est une évidence, s’exclame Jérôme, alors que Béatrice vit dans son corps souffrant d’une maladie auto-immune qui lui altère les muscles une toute autre réalité : souplesse d’esprit, oui, « mais pour mon corps, je dois même apprendre à nouveau des gestes d’étirement simples ».

Je lis alors les définitions trouvées sur le Larousse en ligne. « Habileté à se plier aux circonstances, à s’adapter. » Le mot souple quant à lui quand il est attribué aux objets ou à de la matière (et le corps est matière!!) est défini comme « flexible, qui se déforme aisément ». En lien avec la démarche des félins par exemple « sans à coups, sans raideur » et appliquée au corps « facilité pour imposer des positions à son corps » ! Jérôme et Béatrice en sont estomaqués, tout comme moi, qui redécouvre la violence des mots : déformer, imposer. Comme c’est réducteur… Il y a pourtant une réalité culturelle (dont socio-économique) dans cette définition d’un corps que nous torturons au nom des étirements et de l’assouplissement. Quel paradoxe ! Car il y a très souvent une notion de douleur liée aux mouvements de stretch, barre au sol, etc… Heureusement, le site Mediadico donne une information supplémentaire avec le mot « agile » pour définir le mot « souple ».

Reprenant l’idée de la démarche des félins, je lance alors des mots que je connais bien et qui sont pour moi désormais complètement liés à la notion de souplesse : rebonds et élastiques. Stupéfaction chez les participants. La définition de la souplesse qui nous est transmise dans le Wutao est celle d’une fibre qui est capable de s’étirer certes, mais également de revenir à sa place. Cette définition implique un lien à l’étirement très différent. Il ne s’agit pas d’étirer comme une vieille chaussette une fibre qui deviendrait non seulement déformée mais sans forme telle une pâte trop cuite, mais de veiller à son retour, rapide, puissant, fluide. Selon cette définition, les basketteurs dans leurs démarches tout en rebond ont un mouvement souple. A distinguer donc de l’amplitude articulaire d’une part. Et de la laxité d’autre part, souvent lié à un problème de fragilité par ailleurs. Bien connu du ballet du Bolchoi qui refuse les danseuses hyperlaxes du fait du risque accru de blessures !

Dans cette définition encore, le mot souplesse vient lié à un autre : puissance ! Et là encore, les participants sont étonnés. Et pourtant, il est bien connu que le bambou flexible s’adapte là où le chêne massif cède et casse. Je reprends alors une image tirée du règne animal, à nouveau les félins, parmi les animaux les plus puissants, sont aussi les plus souples. Et que font-ils toute la journée ? « Ils s’étirent et ils baillent ! Ils ne font pas des pompes ! », comme nous disait en riant Cyrille Philippe, sage-femme maïeuticien en séance d’eutonie. Eh oui ! Pour ré-éduquer le périnée : d’abord l’assouplir, ensuite le remuscler, ou l’on risque de « coincer » et figer des tensions…

Les félins baillent aux corneilles, donc… Et bien c’est parti ! On baille, on s’étire, c’est le matin… ou pas d’ailleurs, mais on se fait plaisir ! Pour Béatrice, c’est compliqué d’écouter ce que voudrait son corps. Pour Jérôme c’est des envies de venir comme comprimer l’air en bombant la poitrine dans un cambré et lâcher en expirant. Pour moi des envies de dos rond. En fait, dans ces étirements spontanés, nous découvrons l’intelligence du corps. Il suffit de se laisser aller à ce qu’il nous demande et ce qui suit est nécessairement une dose de plaisir et de bien-être complètement adaptée à chacun. Souplesse, intelligence, plaisir : un trio qui vous veut du bien ! Les fondements de l’écologie corporelle…. Pour illustrer cela je lis une citation. « Je n’étire pas mon corps aujourd’hui comme je le faisais à 30 ou même à 50 ans. A présent, j’étire l’intelligence dans mon corps pour la renforcer afin que ce soit cette intelligence qui étire mon corps », a déclaré Iyengar, l’un des principaux introducteurs du Yoga en Occident (cité sur le mur facebook de Pol Charoy, co-créateur du Wutao). A nouveau, c’est l’étonnement pour Jérôme et Béatrice… Parler de souplesse, c’est parler d’intelligence alors ?Ces mouvements spontanés par exemple, mais aussi des mouvements de relâcher subtils des fascias. De subtilité donc. Mais aussi de corps sensible

Allons-y pour une petite initiation au Wutao où l’on visite les relâcher du sacrum et du plancher pelvien et le bercement tout doux qui se love là dans le bassin (ou est-ce le contraire…) et l’onde délicieuse qui sur son passage défroisse délicatement les tissus, dépoussière amoureusement le chemin et embrasse… qui sait ? « l’âme du corps » peut-être bien… Pour Béatrice, le sacrum a lâché d’un bloc. Tiens… mais elle constate qu’elle ne « ressent rien ». Et la non-sensation, est une sensation. Pour Jérôme c’est une belle découverte et il se laisse traverser par l’onde, en découvrant un rythme. « Je fais du Yoga tous les matins, mais j’avais oublié ça. Ça, c’est la base en fait. C’est ce qui donne du goût ». Ce qui pulse, ce qui groove. C’est ça le goût. La souplesse donne du goût donc. Intéressant…

Et pour continuer sur cette intelligence du corps, je propose un petit exercice centré sur les mains qu’on pourrait appeler les « griffes ». Il s’agit d’étirer les mains de l’intérieur, les doigts, comme un félin qui fait sortir ses griffes, puis de les ramener. Et là, dans ce simple mouvement, la variété de sensations est impressionnante : ce qui se passe dans la paume qui s’arrondit, la sensation dans chaque doigt et, tiens, là, au contraire dans ce doigt où il ne se passe rien, les petits interstices qui bloquent, la sensation d’expansion etc…

Ensuite, nous nous levons pour nous envoyer des wizz. A trois, il n’y a pas beaucoup de surprise, mais quand même… L’exercice consiste à envoyer un wizz avec les mains comme une balle qu’on lance à quelqu’un qui le rattrape et le lance à quelqu’un d’autre (éventuellement la même personne), etc. Il faut donc être attentif, très présent. C’est parti. On rajoute des sons d’animaux, et hop le rythme ralentit. Allez, allez, on accélère ! On rit, bien sûr… Jérôme touche là une notion essentielle : la confiance. La souplesse, c’est lâcher-prise, faire confiance… et prendre sa place ! Quel beau partage !

Nous nous rasseyons pour enfin commencer à boire nos sirops et bières respectifs. L’heure passe. Nous n’avons pas le temps de voir les élastiques des diaphragmes comme nous le proposons régulièrement en Wutao. Du coup, je propose ce simple exercice de toucher pour chercher à sentir la souplesse dans des objets avec cette intention de les faire courber : et l’assiette en céramique nous semble souple ! On se touche alors les avant-bras. Bien sûr qu’il y a de la souplesse, du moelleux dans la peau, les muscles aussi (quoiqu’ils peuvent être particulièrement durs en fait), mais plus loin, si l’on chercher à masser les os, on découvre nos os souples. Nouvelle petite révélation pour Jérôme, impressionné de la souplesse de ses os, ses « os vivants ». Avec notre représentation des squelettes, on calque volontiers des os morts et raides, voire cassants sur notre propre corps. Or ils sont traversés de sang, de liquide, de moelle etc… Pour Béatrice en revanche : pas souplesse ni dans l’assiette, ni dans ses os qui lui paraissent inexistants. « J’ai un problème pour ressentir », explique-t-elle. Mais je l’invite à considérer que le non-ressenti est un ressenti.

Je conclue avec la lecture du début d’un article de Génération Tao N°49 – L’art de s’étirer, magnifiquement mis en mots par Isabelle Martinez à partir des propos de Pol Charoy, Imanou Risselard (co-créateurs du Wutao) et Cécile Bercegeay (professeure et formatrice de Wutao et Stretching dansé). Jean-Philippe qui anime les cafés spirituels à L’Antre-Autre vient de nous rejoindre. « C’est de la poésie ! », s’exclame-t-il en écoutant cet article que je vous recommande…

Quelle belle conclusion ! La souplesse, c’est de la poésie

Les thèmes pour les cafés de janvier et de février seront : les spirales dans le corps puis, le regard. Si vous avez des propositions de textes, illustrations, musiques, exercices, et bien sûr pour participer ou pour tout autre chose, écrivez-moi à celine@unmonderond.com.

Céline Laly, instructrice de Wutao à Lyon.

A lire en complément :

Cultiver une hyper présence
Souplesse ou laxité, il faut choisir
L’art de s’étirer

Photo : Richard Dudley

Le mouvement a-t-il un sexe ?

Publié mai 18, 2012 par ecologiecorporelle
Catégories : écologie corporelle®

Le deuxième "café de l’écologie corporelle®" a eu lieu le 2 mai à L’Antre-Autre, à Lyon. Nous étions un petit groupe de 5 personnes : Jean, Christine, Eve, David et moi, Céline, animatrice, réunis à l’étage du « café coloré ». Un étage entier pour nous !

Le thème : le mouvement a-t-il un sexe ? Thème important, essentiel, plein de sens, plein aussi de non-dits, de tabous peut-être et « chargé » certainement… y compris pour l’animatrice qui le proposait;-)

- Mais alors, explique-nous, Céline… D’où t’es venu ce thème ? Parce que… il fallait le trouver quand même !

Ou bien le formuler en tout cas…

Le fil directeur que je me suis donné pour animer les « cafés de l’écologie corporelle » est vraiment « le ressenti d’abord, le mental dehors », mais là, avant même de rentrer dans les sensations, il me semble important de mettre des mots… Alors, comment m’est venue cette idée ?

Flashback. Je danse lors de l’atelier donné par Stéphanie Bardin à Afromundo sur les composantes du mouvement selon l’analyse de Laban et je me demande si le mouvement a un sexe, c’est-à-dire s’il a un genre, si certains gestes sont plus masculins ou féminins ou animés par des principes masculins ou féminins. Mais formulé ainsi, saute aux yeux une autre question : le mouvement a-t-il une origine sexuelle… Autrement reformulé : pré-existe-t-il à tout mouvement une impulsion sexuelle, c’est-à-dire venant de la sphère de la sexualité et des pulsions vitales, du bassin, du hara… Ou encore autrement reformulé : est-ce que le mouvement naît dans le ventre ??? Thème du premier café ! Silence intrigué et pointe de gêne dans le groupe…

Je propose de se lever et de prendre contact avec son bassin. Debout, en cercle, une main sur la plancher pub-pelvien, l’autre sur la région du coccyx sacrum, nous prenons le temps de sentir vivre sous nos mains cette zone, dans un doux bercement de relâcher… relâcher… relâcher. Ressenti initial essentiel en Wutao®.

- Quelle est le couleur, là sous vos mains ?

Un magnifique arc-en-ciel se dessine sous les cieux de l’Antre-Autre dans un feu d’artifice : Rouge ! Rose… Vert… Jaune ! Violet…

Peut-être qu’il faudrait parler de « ça », y aller… Je me sens un peu mal à l’aise avec ce thème soudain… Pourtant, c’est bien moi qui l’ai proposé ! Hum ! Intéressant pour ma connaissance personnelle. Alors je décide de parler du bout des lèvres de « détendre les organes génitaux » et de sentir l’onde monter le long de la colonne vertébrale dans une vague de plaisir. Le groupe est dans un état d’énergie tout doux, un peu sonné. On se rassoit… Je me demande comment enchaîner en surfant sur cette vague d’énergie… Je décide de sortir… un jeu : le « Tribal Tarot », créé par Delphine Lhuillier, professeure et formatrice de Wutao et gérante du Centre des Arts et de l’Écologie Corporelle, à Paris. Le « Tribal Tarot » est un jeu de cartes de « connaissance de soi ». Chaque carte représente un membre des tribus de la planète Mambatta avec chacun, sa légende, son énergie, ses vertus, aspirations, faiblesses, message et dynamique corporelle. C’est la première fois que je propose une animation avec ce jeu. Je décide de proposer un tirage. Je me dis qu’avec un peu de chance, il apparaîtra quelque chose du tirage en lien avec le thème… Je compte beaucoup sur la tribu des Zékaï, représentante de l’énergie sexuelle…

Laura Végéto

Zoziotic

Le totem de la tribu des grands vents

Vajrafly

Pink Star…

Et bien l’énergie sexuelle n’est pas là avec nous ce soir !

Devant les yeux intrigués des participants, je décide de lire à chacun le contenu de son tirage. Comme très souvent, les cartes résonnent très fortement pour presque tous les participants… Mais on s’est bien éloigné du sujet… et on a perdu la belle énergie arc-en-ciel.

J’en tire les conclusions pour une prochaine animation : le jeu du Tribal Tarot est un bel outil d’animation. Peut-être accompagner chacun dans la « dynamique corporelle » proposée par le personnage de la carte tirée afin de l’incarner et organiser des rencontres de ces personnages en « état » comme le suggère Delphine Lhuillier. Pour le moment, le « café » continue.

- Bon, ce serait quoi un mouvement « féminin » pour vous ?

On se relève et on commence presque tous spontanément à dessiner des ronds avec les bras, des mouvements très « danse orientale », LA danse de la féminité. Laban a décrit les mouvements indirects dans la composante « Espace » et aussi « Forme » de son analyse du mouvement, des mouvements animés par les « principes féminins ».

- Et un mouvement « masculin », ce serait quoi ?

Petit temps de réflexion… Et tcha : coup de hache mimé, coup de pied, coup de poing… Des mouvements « directs », pour reprendre le lexique labanien, visiblement animés par des principes masculins (autant incarnés par les hommes que par les femmes d’ailleurs). Et puis, à force de mouvements, les participants en viennent à créer un lien entre mouvement direct « masculin » et rapidité. Dans notre société très « yang », société de la performance où il faut aller vite et droit au but, on a besoin de ralentir… Et les mouvements indirects et ronds, féminins dirons-nous dans un raccourci, semblent nourrir beaucoup les participants dans ce sens. Le féminin à la rescousse du masculin ?

On termine ce café de l’écologie corporelle avec une proposition d’œuvres d’art à regarder. C’est le travail d’Isabelle Martinez, professeure en culture du Wutao et chargée de conception des activités enfants et adultes au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Isabelle a créé les ateliers Mouv’Arts qui lient Wutao et arts visuels, c’est-à-dire mouvement, conscience corporelle et création artistique ou observation d’œuvres. Illustrer un thème de mouvement par une œuvre d’art relève d’un travail de longue haleine en connaissance, ressenti et expérience. Je remercie vivement Isabelle qui m’a proposé plusieurs œuvres en lien avec le thème. Je n’ai pas la compétence pour proposer l’accompagnement subtil et profond d’un atelier Mouv’arts, mais je présente humblement les visuels au centre du groupe pour ouvrir un autre espace sensoriel.

Nous commençons avec les petits bonhommes colorés de Keith Haring. Qui sont ces personnages de couleur, au nombre de cinq, comme le groupe ce soir, tiens, étrange synchronicité ? Rouge, violet, jaune, vert, magenta… les couleurs de nos ventres en arc-en-ciel de plus !! Hommes ? Femmes ? Ont-ils un sexe ? Ils dansent ? Ensemble ou isolés ? Ils s’amusent… Non, ce sont des automates… Nous enchaînons avec les épreuves d’anthropométrie d’Yves Klein, une traînée de bleu pleine de texture, d’images, d’énergies, de visages, de silhouettes selon chacun, puis un visuel représentant deux corps : deux femmes ? Non, il y a bien un homme-là ! Ou est-ce que ce sont de pures formes ? Des projections ? Traces d’un vécu ?

Et voilà le café se termine, j’espère qu’il a entrouvert une porte, et peut-être même fourni une ou deux clés…

Rendez-vous le mercredi 6 juin, 19h-21h, pour découvrir « c’est quoi la souplesse ? ». Comme toujours, si vous souhaitez partager dès à présent une information, une lecture, une citation, un exercice, une étude, un visuel en lien avec ce thème, vous êtes les très bienvenus : celine@unmonderond.com.

Céline Laly, instructrice de Wutao, animatrice des cafés de l’écologie corporelle à Lyon.

Tout naît-il du ventre ?

Publié avril 13, 2012 par ecologiecorporelle
Catégories : écologie corporelle®

« Entrailles, organes, tripes, instinct, impulsions, connexion, centre, sécurité, naissance, expulsion, contractions, douceur, douleur, rondeur, estomac, ulcère, digestion, papillons, amour, amoureux, intelligence, cœur, brûlure, intestins, dos, gaz, ballonnements », voilà quelques uns des mots cités par le groupe de 12 participants réunis pour ce premier café de l’écologie corporelle sur le thème « Tout naît-il du ventre ? ». Chacun avec son vécu et sa sensibilité exprime les mots qui lui viennent à l’évocation du « ventre » et les offre en partage au centre du cercle que nous formons. « Abdomen, angoisses, nœud, intimité, menstruations, souffle, cycle lunaire, nettoyage, défécation, sexualité, vie, enfant, émotions… » « Joie ? »… Bof, réaction unanime des participants : pas de joie ici, dans le ventre, aujourd’hui ! « Colère ? » Non plus… « Tristesse ? » Pas beaucoup plus… Des thèmes récurrents apparaissent selon les participants : sexualité, angoisses, maternité, féminité, intériorité, fonctions organiques primaires (mais pas trop quand même;-))… et au loin, les émotions…

C’était le mercredi 4 avril à L’Antre-Autre et Christine, Jean, Sandra, Camilo, Thomas, Lucia, Luis, Fabrice, Christine, Cécile, Claude et moi, Céline, avons partagé un moment d’écologie corporelle®, un temps pour soi, pour écouter ce corps, souvent bâillonné dans l’agitation du quotidien et pour écouter les autres.

Bières, thé et autres sirops à la châtaigne atterris dans nos ventres, nous sommes prêts ! « Faites comme chez vous ! », nous invite Maguelone, la gérante-cuisinière-artiste de L’Antre-Autre. Alors, nous avons repoussé les tables colorées de la cantine « cuisine maison » et, assis dans un cercle rapproché, nous relâchons le coccyx-sacrum dans un expir, puis le plancher pubo-pelvien dans un inspir. Entre nos deux mains posées sur le bas du ventre et le dos, le bassin se détend, s’assouplit et ivre de bercement, lancinant, se déploie pour venir habiter tout son volume. Sans partage encore, je nous invite à rester dans cette attention et cette connexion et à se placer par deux, debout. A tour de rôle, les mains en relais sur le bassin écoutent et invitent le partenaire à venir respirer sous sa paume. « Ne rentrez pas dans l’Autre. Accompagnez-le et laissez-le libre…», comme un rappel (pour moi d’abord !). Chacun ayant délicatement laissé la bulle de l’autre, nous restons debout, émerveillés, étonnés, angoissés, détendus, tendus… « Je ne sentais pas ma respiration dans le dos, mais je l’ai senti chez l’autre », « Je n’ai pas supporté le contact des mains de l’autre, je sentais de la répulsion et je n’arrivais plus à respirer », « Je sens maintenant mes épaules tendues », « J’ai reçu des mains magiques qui m’ont instantanément ramenée ici » et quelques silences. Le corps, qui commence à parler…

Puis Thomas nous propose un exercice d’écoute de la respiration et en particulier du MRP, mouvement respiratoire primaire, avec un éclairage ostéopathique. Tout d’abord, une main sous le plexus solaire et l’autre sur le plancher pubo-pelvien, nous écoutons la vague de la respiration monter puis descendre entre les deux mains. Puis en décalant les mains vers la droite, Thomas nous invite à sentir l’ouverture à l’inspir qui ramène ensuite. « Le rythme peut être différent », phrase décisive pour Christine pour lâcher et ressentir la magie de la « mécanique » humaine, sans la contraindre. Enfin, une main passe dans le bas du dos et nous cherchons à sentir le mouvement du sacrum qui s’alourdit naturellement à l’expir, puis se bombe à l’inspir, mouvement du souffle parcourant la colonne vertébrale entre crâne et le sacrum, rejoignant ici le premier exercice de Wutao proposé.

Une heure est déjà passée, les jambes sont lourdes, les dos agités et le groupe a besoin de s’asseoir. Je propose alors un temps de partage imagé en reprenant l’idée d’une « météo », comme elle m’avait été proposée lors de stages de Wutao® et Trans-Analyse®. (Ré)-enchanter son corps en mots ou en dessins, le découvrir autrement, le rendre poétique, l’écouter avec les yeux, les yeux pleins d’étoiles… Et voilà un magnifique paysage qui s’anime sous nos yeux, né de l’instant. Un ciel gris et voilé avec quelques rafales dans le dos, une brise printanière, un soleil chaud qui fait le timide quand on parle de lui, une belle nuit d’été, la lune éclairant des bosquets habités, un soleil doux dans le ventre venant s’affronter brutalement aux éclairs dans le dos, un lever de soleil rond de silence, un vent qui tourbillonne au-dessus de l’océan dans un sens, dans l’autre, indéfiniment, un sale temps, de la grêle, une cave sans fenêtre pour voir le temps dehors et une colline mystérieuse… Merci beaucoup à tous d’avoir osé le verbe (ou le dessin !), la poésie, les métaphores pleines de sens et d’avoir partagé avec générosité votre intimité unique et universelle. Chacun a écouté, attentif, passionné. Pour moi, c’est toujours une surprise source d’espoir de découvrir la richesse de l’altérité, les trésors de la différence… Écoutée ainsi : plus de jugement, que de la paix !

Comme l’envie de rester assis est toujours là, Lucia nous invite à explorer les sons sur nos chaises. De l’expir sonore au « Yam », la mantra qui nourrit le bassin, vibrations et sons graves s’invitent dans le ventre, le dos, le bassin. Malgré la fin des lectures des textes poétiques de Gabriel Le Gal et l’agitation qui s’en suit à l’étage de L’Antre-Autre, malgré les aller et venues dans la salle où nous sommes et les clients en train de savourer la purée de pois chiche maison, c’est une petite révélation pour Cécile et Claude. Pourtant, l’énergie du groupe à ce moment est bien proche de la terre ! J’ai même l’impression que certains pourraient s’y allonger pour s’endormir… et y déposer quelque chose ?

Le dernier exercice, debout, m’a été soufflé par Cyrille Philippe, sage-femme en conscience et eutoniste. Il s’agit de visualiser un triangle de la base des pieds jusqu’au ventre et un autre de la ligne des épaules jusqu’au ventre pour trouver là à la chevauchée des triangles, une zone, le centre. Certains triangles ne se croisent pas, d’autres sont en décalage, certains se rencontrent au niveau du plexus, d’autres au niveau du « hara », certains en vrille…

Et se termine ainsi le premier café de l’écologie corporelle. Chacun fait son bilan : prises de conscience corporelles à décliner dans sa recherche d’harmonie au quotidien pour Sandra, révélation de son hara visualisé en losange grâce à l’eutonie pour Cécile, prof de Qi Gong, découverte de sa voix pour Claude, besoin de choyer son ventre après ses Chi Neit Tsang donnés quotidiennement pour Christine, difficulté pour Thomas et Fabrice de se centrer et d’écouter au milieu du mouvement joyeux d’un bar, « sous-sols » vus, verbalisés et (pas encore) acceptés pour Camilo et Christine, plaisir du partage pour tous…

Merci à tous les participants, aux contributeurs Thomas et Lucia et à Maguelone de nous accueillir à L’Antre-Autre ! Le rendez-vous est pris dans un mois, mercredi 2 mai, pour se demander : « Le mouvement a-t-il un sexe ? »

A bientôt !

Céline Laly, instructrice certifiée de Wutao et organisatrice des cafés de l’écologie corporelle à Lyon.

Photo : Gail Rau

Le Chi Nei Tsang : art d’écologie corporelle ?

Publié juillet 11, 2011 par ecologiecorporelle
Catégories : écologie corporelle®

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Oui, dans la mesure où il intègre les aspects physiques, mentaux, émotionnels et spirituels. Il va à la source des problèmes de santé, y compris aux réponses psychosomatiques !
Ici une définition complète par Gilles Marin, précurseur de cet art , avec plusieurs articles en lien ( dont des articles de Génération-Tao!).

Les émotions enfermées sont comme des prisonniers dans une cellule : elles cherchent sans cesse à en sortir. Martine Scrive explique comment le Chi Nei Tsang — massage des organes internes — peut être cette clé qui libère.
« C’est quoi le Chi Nei Tsang ? » demande ma mère lorsque je prononce ce nom barbare pour nos oreilles occidentales. Ce n’est pas grand-chose, juste des yeux et des oreilles au bout des doigts qui se posent sur un nœud du ventre ; alors la personne perçoit une tension, parfois une douleur. Aider à re-sentir = sentir ce que l’on ne voulait plus sentir, tout est là. Gilles Marin, écrit : « Tout le monde voudrait vivre avec plaisir. Le problème est que des événements peuvent avoir provoqué des émotions insupportables, des colères immenses, des sentiments d’abandon, des peurs violentes. L’enfant a donc cherché à ne plus les sentir pour que la vie ne soit pas insupportable. Pour survivre, il a mis ses émotions dans un placard, fermé le placard et perdu la clé. Et ça marche. Il peut vivre. Devenu grand, il continue à agir pour que l’émotion ne ressorte pas du placard. Il l’a tellement oubliée qu’il la nie ; moi colérique, Non ! ». Mantak Chia explique : « Chi Nei Tsang signifie littéralement « travailler l’énergie des organes internes » ou « transformation du Chi des organes internes ».
L’ennui est que les émotions enfermées sont comme les prisonniers dans une cellule. Elles cherchent sans cesse à en sortir et hurlent si fort, qu’à un moment, on a envie d’ouvrir le placard. Le rôle du praticien est de mettre le doigt sur la cache, et d’aider à respirer là, juste là. Si la personne à envie de lâcher, la cache s’ouvre, lentement, ou bien brusquement, comme un coup de vent. C’est une question de confiance, de laisser aller, d’envie de changer.

Le Chin Nei Tsang, un massage ?
Est-ce un massage ? Oui, si on appelle massage toute action qui passe par la peau et que l’on considère le diagnostic par palpation comme un massage. Non, pour ceux qui espèrent se laisser triturer lascivement ou vigoureusement.
Est-ce une thérapie ? Non, si on considère qu’un thérapeute soigne une maladie ou un symptôme. Ici, on aide seulement la personne à basculer vers son meilleur état de santé. On ne traite ni les émotions, ni les maladies. « On n’est pas nos émotions, on n’est pas nos pensées. On est. C’est tout. Les émotions nous traversent, comme les pensées », disait Gilles Marin.


Vous pouvez retrouver le chi Nei Tsang au Centre d’Art et d’Ecologie Corporelle :

http://www.centre-tao-paris.com/spip.php?article114


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